Mise en demeure URSSAF

Indemnités de grand déplacement : 234 549 € de redressement URSSAF annulés. L’inspecteur avait compté les nuitées.

La Cour d’appel de Colmar, par arrêt du 30 avril 2026, rappelle plusieurs règles essentielles en matière de contrôle URSSAF des frais professionnels versés par les entreprises de travail temporaire, les SSII et les sociétés d’ingénierie informatique. Si elle valide certains chefs de redressement, notamment sur les indemnités de petit déplacement et une indemnité transactionnelle versée après un licenciement pour faute grave, elle annule deux redressements importants relatifs aux indemnités de grand déplacement et au cumul avec des frais d’hôtel. Cette décision illustre l’importance de distinguer précisément les frais professionnels réellement exposés, les tolérances administratives applicables, les justificatifs produits pendant le contrôle et la qualification exacte des sommes versées aux salariés.

Un employeur verse 80 000 € à un salarié placardisé. L’URSSAF réclame 19 726,34 € de cotisations. La Justice protège l’employeur contre l’URSSAF.

Une indemnité transactionnelle versée après une rupture conventionnelle doit-elle automatiquement être réintégrée dans l’assiette des cotisations sociales par l’URSSAF ? Non. Dans un arrêt du 23 avril 2026, la Cour d’appel de Bordeaux confirme qu’une transaction peut conserver un caractère indemnitaire lorsque le protocole démontre qu’elle répare un préjudice moral lié aux conditions d’exécution du contrat de travail. L’URSSAF Aquitaine est déboutée de sa demande de redressement de 19 726,34 euros au titre des cotisations sur rupture conventionnelle.

L’URSSAF réclamait 70 943 € et n’obtient que 18 534 €. L’URSSAF doit renverser la présomption de non-salariat.

J'ai vu cette configuration des dizaines de fois en cabinet. Un dirigeant part à la retraite. Quelques jours plus tard, il crée une société de conseil et signe un contrat de prestations avec son ancien employeur. Réunions, coaching de l'équipe, reporting au président : la SASU facture chaque mois. Pour l'inspecteur du recouvrement, le scénario est limpide. Salariat dissimulé. Redressement à 76 713 €, mise en demeure à 70 943 €, premier juge en confirmation intégrale. La machine du redressement avance. Sauf qu'à l'appel, la Cour d'appel de Rouen pose le 17 avril 2026 (RG 24/01671) la question que l'URSSAF avait esquivée. Pas celle de la continuité de fait : celle de la preuve. Qui doit prouver quoi, quand l'article L.8221-6 du Code du travail présume que le dirigeant d'une société immatriculée au RCS n'est pas lié à son donneur d'ordre par un contrat de travail ? L'URSSAF n'a pas su répondre. 52 409 € effacés. Quand un employeur reçoit une lettre d'observations qui requalifie un contrat de prestations en salariat, le dossier peut tenir — à condition d'être défendu pièce par pièce, dès le premier acte de procédure. Une consultation stratégique avec un avocat spécialiste en droit de la sécurité sociale se prépare en amont du contrôle, jamais à chaud.

11 481 € réclamés par l’URSSAF à un loueur Airbnb. Le régime fiscal réel ramène la note à 2 723 €.

Un loueur en meublé qui dépasse 23 000 euros de recettes peut relever du régime social des travailleurs indépendants. Mais cela ne permet pas à l’URSSAF de calculer automatiquement ses cotisations sur son chiffre d’affaires lorsqu’il a opté pour le régime réel d’imposition. Par jugement du 16 avril 2026, le pôle social du Tribunal judiciaire de Versailles a annulé une mise en demeure URSSAF de 11 481 euros et ramené les cotisations sociales dues à 2 723,75 euros, calculées sur le revenu net du loueur Airbnb.

On m’appelle l’avocat anti-URSSAF.

Cahiers Droit

2026-04-25T14:12:33+02:00Mots-clés : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , |

22 450 € de redressement annulé. L’URSSAF avait retenu une assiette dix fois trop élevée.

Une contrainte URSSAF peut être annulée lorsque les cotisations réclamées reposent sur une assiette erronée. C’est ce qu’illustre un jugement du Pôle social du Tribunal judiciaire de Bastia du 10 avril 2026 : l’URSSAF de la Corse réclamait 22 450 euros de cotisations et majorations sur la base de revenus locatifs meublés évalués à 96 744 euros. Or, les pièces produites démontraient des revenus réels très inférieurs, autour de 8 885 euros. Le tribunal a donc jugé la contrainte infondée, l’a annulée, et a condamné l’URSSAF aux dépens ainsi qu’à 1 000 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile.

2026-04-24T18:21:36+02:00Mots-clés : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , |

Les 10 commandements du cotisant URSSAF

Découvrez les 10 commandements indispensables pour tout cotisant URSSAF : obligations, contrôles, paiements, justificatifs, délais… Ce guide juridique vous aide à éviter les redressements et à défendre vos droits face à l’URSSAF.

L’URSSAF perd 35 106 € pour 3 124 € de trop. UNE CONTRAINTE NE PEUT PAS RÉCLAMER PLUS QUE LA MISE EN DEMEURE.

Une contrainte URSSAF ne peut pas réclamer davantage que la mise en demeure qui la précède. Par un jugement du 10 avril 2026, le Tribunal judiciaire de Bastia a annulé une contrainte de 35 106,50 euros, notamment parce qu’elle réclamait 3 124,51 euros de plus que la mise en demeure préalable. En contentieux URSSAF, une simple comparaison entre deux montants peut suffire à faire tomber toute la procédure.

Le droit ne se plaide pas seulement. Il se transmet aussi.

Cahiers Droit

2026-04-12T13:42:39+02:00Mots-clés : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , |

L’URSSAF réclame 523 628 €. La mise en demeure cite une lettre d’observations que la société n’a jamais reçue.

L'URSSAF réclamait 523 628 euros à une agence de travail temporaire. Mais la mise en demeure visait une lettre d'observations et un dernier courrier que la société n'avait jamais reçus, car ils appartenaient à un autre contrôle. Par arrêt du 3 avril 2026, la Cour d'appel de Paris annule la mise en demeure et prive le redressement de tout fondement.

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