Mise en demeure URSSAF

L’URSSAF réclame 51 672 € à la veuve d’un commerçant. Heureusement, trop tard.

Un commerçant meurt. Vingt-trois mois plus tard, un commissaire de justice sonne chez sa veuve. Une contrainte. 51 672 euros. Les cotisations du défunt, devenues les siennes par le seul effet de la succession. La contrainte est régulière : motivée, chiffrée, datée. Et pourtant, cette contrainte URSSAF est prescrite : elle ne recouvrera rien.

Un employeur a financé le reclassement de ses salariés licenciés. L’URSSAF a voulu le redresser de 30 475 €.

Les sommes qu'un employeur verse à un tiers, dans un plan de sauvegarde de l'emploi, pour financer la formation et l'accompagnement de ses salariés licenciés ne sont pas une indemnité versée à l'occasion de la rupture. Elles n'entrent pas dans l'assiette de la CSG ni de la CRDS. Le tribunal judiciaire de Paris (pôle social, 26 mai 2026, RG 23/01600) annule un redressement URSSAF de 30 475 €, et rappelle qu'une pièce non réclamée pendant le contrôle reste recevable devant le juge.

Contrainte URSSAF : petit guide pour se défendre en 2026

Contrainte URSSAF : le petit guide 2026 pour se défendre. Délai, motivation, signification, prescription — jurisprudence vérifiée, par Maître Rocheblave

Trois ans pour reconnaître qu’elle avait tort sur les aides COVID La veille de l’audience l’URSSAF abandonne sa demande de 19 914 €

L'URSSAF condamnée à 1 500 € pour refus d'aides COVID fondé sur un code APE erroné. TJ Gap, 6 mai 2026. Analyse Maître Rocheblave, avocat spécialiste

L’URSSAF condamnée à rembourser 4 534 166 €. L’inspecteur avait réclamé les pièces du contrôle à trois salariées sans mandat de l’employeur.

Dans un jugement du 5 mai 2026, le Tribunal judiciaire de Lille a annulé un redressement URSSAF de plusieurs millions d’euros parce que l’inspecteur avait obtenu des documents auprès de salariées dont l’autorisation par l’employeur n’était pas établie. Sur le fondement de l’article R. 243-59 du Code de la sécurité sociale, le tribunal rappelle qu’un agent de contrôle peut interroger les salariés, mais ne peut pas collecter les documents de l’entreprise auprès de n’importe quel interlocuteur interne. Résultat : les opérations de redressement, la mise en demeure subséquente et le recouvrement sont annulés, avec condamnation de l’URSSAF à rembourser 4 534 166 euros.

Indemnités de grand déplacement : 234 549 € de redressement URSSAF annulés. L’inspecteur avait compté les nuitées.

La Cour d’appel de Colmar, par arrêt du 30 avril 2026, rappelle plusieurs règles essentielles en matière de contrôle URSSAF des frais professionnels versés par les entreprises de travail temporaire, les SSII et les sociétés d’ingénierie informatique. Si elle valide certains chefs de redressement, notamment sur les indemnités de petit déplacement et une indemnité transactionnelle versée après un licenciement pour faute grave, elle annule deux redressements importants relatifs aux indemnités de grand déplacement et au cumul avec des frais d’hôtel. Cette décision illustre l’importance de distinguer précisément les frais professionnels réellement exposés, les tolérances administratives applicables, les justificatifs produits pendant le contrôle et la qualification exacte des sommes versées aux salariés.

Un employeur verse 80 000 € à un salarié placardisé. L’URSSAF réclame 19 726,34 € de cotisations. La Justice protège l’employeur contre l’URSSAF.

Une indemnité transactionnelle versée après une rupture conventionnelle doit-elle automatiquement être réintégrée dans l’assiette des cotisations sociales par l’URSSAF ? Non. Dans un arrêt du 23 avril 2026, la Cour d’appel de Bordeaux confirme qu’une transaction peut conserver un caractère indemnitaire lorsque le protocole démontre qu’elle répare un préjudice moral lié aux conditions d’exécution du contrat de travail. L’URSSAF Aquitaine est déboutée de sa demande de redressement de 19 726,34 euros au titre des cotisations sur rupture conventionnelle.

L’URSSAF réclamait 70 943 € et n’obtient que 18 534 €. L’URSSAF doit renverser la présomption de non-salariat.

J'ai vu cette configuration des dizaines de fois en cabinet. Un dirigeant part à la retraite. Quelques jours plus tard, il crée une société de conseil et signe un contrat de prestations avec son ancien employeur. Réunions, coaching de l'équipe, reporting au président : la SASU facture chaque mois. Pour l'inspecteur du recouvrement, le scénario est limpide. Salariat dissimulé. Redressement à 76 713 €, mise en demeure à 70 943 €, premier juge en confirmation intégrale. La machine du redressement avance. Sauf qu'à l'appel, la Cour d'appel de Rouen pose le 17 avril 2026 (RG 24/01671) la question que l'URSSAF avait esquivée. Pas celle de la continuité de fait : celle de la preuve. Qui doit prouver quoi, quand l'article L.8221-6 du Code du travail présume que le dirigeant d'une société immatriculée au RCS n'est pas lié à son donneur d'ordre par un contrat de travail ? L'URSSAF n'a pas su répondre. 52 409 € effacés. Quand un employeur reçoit une lettre d'observations qui requalifie un contrat de prestations en salariat, le dossier peut tenir — à condition d'être défendu pièce par pièce, dès le premier acte de procédure. Une consultation stratégique avec un avocat spécialiste en droit de la sécurité sociale se prépare en amont du contrôle, jamais à chaud.

11 481 € réclamés par l’URSSAF à un loueur Airbnb. Le régime fiscal réel ramène la note à 2 723 €.

Un loueur en meublé qui dépasse 23 000 euros de recettes peut relever du régime social des travailleurs indépendants. Mais cela ne permet pas à l’URSSAF de calculer automatiquement ses cotisations sur son chiffre d’affaires lorsqu’il a opté pour le régime réel d’imposition. Par jugement du 16 avril 2026, le pôle social du Tribunal judiciaire de Versailles a annulé une mise en demeure URSSAF de 11 481 euros et ramené les cotisations sociales dues à 2 723,75 euros, calculées sur le revenu net du loueur Airbnb.

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