L’URSSAF Picardie ne pouvait pas réclamer 3 935 € à un gérant qu’elle savait déménagé en Haute-Savoie. Sans délégation, hors de son ressort : contrainte annulée.
Une URSSAF hors de son ressort, sans délégation, ne peut décerner contrainte.
Une URSSAF hors de son ressort, sans délégation, ne peut décerner contrainte.
Les sommes qu'un employeur verse à un tiers, dans un plan de sauvegarde de l'emploi, pour financer la formation et l'accompagnement de ses salariés licenciés ne sont pas une indemnité versée à l'occasion de la rupture. Elles n'entrent pas dans l'assiette de la CSG ni de la CRDS. Le tribunal judiciaire de Paris (pôle social, 26 mai 2026, RG 23/01600) annule un redressement URSSAF de 30 475 €, et rappelle qu'une pièce non réclamée pendant le contrôle reste recevable devant le juge.
L'URSSAF réclamait 523 628 euros à une agence de travail temporaire. Mais la mise en demeure visait une lettre d'observations et un dernier courrier que la société n'avait jamais reçus, car ils appartenaient à un autre contrôle. Par arrêt du 3 avril 2026, la Cour d'appel de Paris annule la mise en demeure et prive le redressement de tout fondement.
Une société a obtenu l’annulation complète d’une procédure URSSAF parce que la page 2 de la lettre d’observations reçue était blanche. Résultat : annulation de la lettre d’observations, annulation de la mise en demeure et remboursement de 1 925 235 euros avec intérêts. La Cour d’appel de Paris rappelle une règle capitale : c’est à l’URSSAF de prouver qu’elle a bien adressé un document complet.
Lors d’un contrôle URSSAF, l’inspecteur ne peut pas se contenter d’échanger avec n’importe quel salarié de l’entreprise. Si les documents sont remis par un collaborateur dépourvu de délégation, la procédure peut être frappée de nullité. C’est ce que rappelle le Tribunal judiciaire de Lons-le-Saunier, qui a annulé un redressement de 194 052 euros au motif que l’inspectrice n’avait pas vérifié l’habilitation des interlocuteurs ayant communiqué les pièces du contrôle.
L’URSSAF peut perdre un redressement non pas sur ce qu’elle reproche, mais sur la manière dont elle l’écrit. Lorsqu’une lettre d’observations décrit un contrôle mené collectivement par plusieurs inspecteurs, elle doit être signée par tous ceux qui ont participé aux opérations. Si un seul inspecteur signe alors que le document parle constamment au pluriel, relate des constats communs, des auditions communes et des vérifications communes, la nullité peut être encourue. Le jugement du Tribunal judiciaire de Lille du 19 janvier 2026 en donne une illustration très concrète : ici, ce n’est pas le fond du dossier qui a fait tomber le redressement, mais la rédaction même de la lettre d’observations URSSAF.
**Montage frauduleux, mais pas fraude à l’URSSAF : le tribunal annule 162 662 euros de redressement** L’absence de DPAE, de bulletins de paie et de déclarations sociales ne suffit pas, à elle seule, à caractériser un travail dissimulé. Encore faut-il démontrer l’existence d’un véritable lien de subordination. Dans un jugement du 20 janvier 2026, le Tribunal judiciaire de Lille rappelle avec netteté qu’un montage frauduleux destiné à contourner une clause de non-concurrence n’est pas nécessairement une fraude aux cotisations sociales. Dès lors que l’intéressé dirigeait en réalité la société de fait et acquittait ses cotisations comme travailleur non salarié, l’URSSAF ne pouvait retenir l’existence d’un emploi salarié dissimulé. Résultat : annulation intégrale de la lettre d’observations, de la mise en demeure, de la contrainte et du redressement de 162 662 euros.
26 597 euros de majorations de retard ont dû être remboursés par l’URSSAF PACA. En cause : une mise en demeure irrégulière, faute de document détaillant le calcul des majorations complémentaires. Par jugement du 10 mars 2026, le tribunal judiciaire de Marseille rappelle qu’en matière URSSAF, un vice de procédure peut suffire à anéantir l’obligation de payer.
L’URSSAF peut obtenir des informations auprès de votre banque. Mais pas n’importe comment. Si elle exerce son droit de communication avant de vous avoir demandé vos propres relevés, elle viole l’article R. 243-59 du Code de la sécurité sociale. Et le redressement peut tomber, intégralement. Illustration avec un arrêt de la Cour d’appel d’Orléans du 27 juin 2023 (n° 21/01694), où la procédure a été jugée viciée pour avoir “commencé par la banque”.
Un redressement URSSAF de 220 890 € a été annulé, sans même examiner le fond. La raison : l’URSSAF a mis fin trop tôt à la phase contradictoire, en ignorant une demande de prolongation régulièrement formulée par l’entreprise. Par un arrêt du 29 janvier 2026, la cour d’appel de Nîmes rappelle avec fermeté qu’avant le 1er janvier 2020, la simple demande du cotisant suffisait à prolonger le contradictoire. En fermant la discussion prématurément, l’URSSAF a commis un vice de procédure fatal, entraînant la nullité de la mise en demeure et du redressement dans son intégralité.