contentieux urssaf

L’URSSAF affirmait qu’un cotisant avait demandé 9 échéanciers de paiement. Le tribunal en a demandé la preuve. Elle n’existait pas.

En matière de recouvrement URSSAF, tout ne se joue pas sur le montant réclamé. Encore faut-il que la créance soit juridiquement exigible. Par un jugement du 13 mars 2026, le tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer a annulé une mise en demeure de 28 731,09 euros portant sur des cotisations de 2010 et 2011, en rappelant une règle essentielle : une prescription triennale ne s’interrompt pas par de simples notifications unilatérales de l’URSSAF. Sans demande d’échéancier émanant réellement du cotisant, il n’y a pas de reconnaissance de dette au sens de l’article 2240 du code civil. Résultat : toute la chaîne d’interruptions invoquée par l’organisme s’effondre, et avec elle le recouvrement.

Mise en demeure URSSAF La mention « régime général » ne suffit pas. Le versement transport doit apparaître distinctement.

La mise en demeure URSSAF doit permettre au cotisant d’identifier précisément ce qui lui est réclamé. Lorsque l’URSSAF se contente de la mention « régime général » sans faire apparaître distinctement le versement transport, l’acte peut être irrégulier. Par un arrêt du 19 mars 2026, la Cour de cassation rappelle que ce n’est pas au cotisant de deviner la nature exacte des sommes poursuivies.

2026-03-28T11:20:52+01:00Mots-clés : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , |

L’URSSAF redresse aussi… la femme du boulanger !

Dans les histoires de Pagnol, c’est Pomponette qui disparaît et met le village en émoi. Dans la vraie vie, c’est l’URSSAF qui s’emballe… pour une baguette. En voyant la femme du boulanger aider son mari derrière le comptoir, l’inspection du travail a crié au travail dissimulé et l’URSSAF a réclamé plus de 7.000 euros. Mais la Cour d’appel de Riom a tranché : un coup de main familial n’est pas un emploi caché.

2026-03-27T19:05:01+01:00Mots-clés : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , |

6 514 € réclamés. 0 € obtenu. L’URSSAF n’a pas su expliquer ses propres chiffres.

L’URSSAF peut-elle valablement poursuivre un cotisant lorsque la mise en demeure et la contrainte ne concordent ni sur la date ni sur les montants réclamés ? Le tribunal judiciaire de Montauban répond clairement par la négative. Dans un jugement du 12 mars 2026, il a annulé une contrainte fondée sur une référence erronée à la mise en demeure préalable et sur des chiffres que l’URSSAF n’a pas été capable de justifier. Lorsque le cotisant ne peut pas identifier avec certitude la nature, la cause et l’étendue de son obligation, la contrainte tombe. Une décision utile pour tous ceux qui envisagent de contester une procédure de recouvrement URSSAF irrégulière.

2026-03-21T12:46:14+01:00Mots-clés : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , |

L’URSSAF se désiste. Pas souvent. Pas facilement. Mais cela arrive.

L’URSSAF se désiste rarement. Mais lorsqu’elle le fait, ce n’est presque jamais par faiblesse sur le fond. C’est le plus souvent parce qu’un vice de procédure rend sa contrainte vulnérable. En matière d’opposition à contrainte, la défense ne consiste donc pas seulement à discuter les sommes réclamées : elle impose d’examiner d’abord la régularité de chaque acte. Le jugement rendu par le tribunal judiciaire de Dijon le 10 mars 2026 en donne une illustration nette : face à une contrainte de 173 117 euros pour travail dissimulé, l’URSSAF de Bourgogne a finalement préféré se désister d’instance après avoir reconnu un vice de forme. Ce désistement ne vaut pas abandon de la créance. Mais il prouve une chose essentielle : en contentieux URSSAF, la procédure peut faire basculer le dossier avant même le débat sur le fond.

35.631 € de redressements URSSAF annulés. Sur l’absence d’explication du mode de calcul dans la lettre d’observations.

La lettre d'observations URSSAF doit permettre au cotisant de comprendre précisément comment le redressement a été calculé. Par arrêt du 3 mars 2026, la Cour d'appel de Riom a annulé un chef de redressement de 35.631 euros portant sur la réduction générale de cotisations, au motif que les tableaux joints ne permettaient pas d'identifier clairement la méthodologie retenue. Une décision importante : en matière de redressement URSSAF, un tableau chiffré sans explication suffisante du raisonnement ne satisfait pas à l'obligation de motivation prévue par l'article R.243-59 du Code de la sécurité sociale.

834 290 € de redressements URSSAF. Annulés parce que l’inspectrice avait écrit au comptable. Pas au dirigeant.

L’URSSAF ne peut pas conduire un contrôle comme elle l’entend. Lorsqu’un inspecteur réclame des pièces à un salarié qui n’a reçu aucune délégation pour répondre au contrôle, la procédure devient irrégulière. C’est ce que rappelle le tribunal judiciaire de Douai, qui a annulé un redressement de plus de 834 000 euros au motif que les demandes de l’URSSAF avaient été adressées au responsable comptable, et non au représentant légal de la société ou à un mandataire habilité. Une décision importante pour toutes les entreprises confrontées à un contrôle URSSAF, car elle confirme qu’un vice dans la conduite même du contrôle peut suffire à faire tomber l’ensemble du redressement.

L’audition de l’employeur s’est tenue dans les locaux de l’URSSAF

URSSAF, redressement, travail dissimulé, contrôle comptable d'assiette, article R. 243-59, article L. 243-7, audition, lieu d'audition, vice de procédure, annulation, Cour d'appel de Rennes, cotisant, inspecteur du recouvrement, garanties procédurales, code de la sécurité sociale

L’URSSAF réclamait 1 392 €. La contrainte visait une mise en demeure n° 0042736483 du 20 décembre 2023. L’URSSAF a produit une mise en demeure n° 0042722858 du 22 novembre 2023. La contrainte a été annulée.

Une contrainte URSSAF peut être annulée sans même que le juge examine le fond de la créance. Par jugement du 6 mars 2026, le Tribunal judiciaire de Metz a annulé une contrainte de l’URSSAF après avoir constaté une incohérence entre la mise en demeure visée par la contrainte et celle effectivement produite aux débats, ainsi que l’absence de preuve de sa notification régulière. Cette décision rappelle une règle essentielle du contentieux URSSAF : avant tout débat sur les cotisations réclamées, la régularité de la chaîne de recouvrement doit être vérifiée avec rigueur.

L’URSSAF rembourse 719 060 € réclamés après vérification DSN. Elle n’avait même pas informé la société de son droit d’être assistée d’un conseil.

Une vérification DSN n’autorise pas l’URSSAF à s’affranchir des garanties procédurales du cotisant. Dans un jugement du 6 mars 2026, le tribunal judiciaire de Nanterre a annulé une mise en demeure de 719 060 euros après avoir constaté que la société n’avait pas été informée, notamment, de son droit d’être assistée d’un conseil dans le cadre de cette procédure.

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