On m’appelle toujours trop tard.
Avocat spécialiste en droit de la sécurité sociale, j’interviens à tous les stades du contrôle, du redressement et du recouvrement. Le bon moment pour se défendre, c’est avant qu’il ne soit trop tard.
Avocat spécialiste en droit de la sécurité sociale, j’interviens à tous les stades du contrôle, du redressement et du recouvrement. Le bon moment pour se défendre, c’est avant qu’il ne soit trop tard.
26 597 euros de majorations de retard ont dû être remboursés par l’URSSAF PACA. En cause : une mise en demeure irrégulière, faute de document détaillant le calcul des majorations complémentaires. Par jugement du 10 mars 2026, le tribunal judiciaire de Marseille rappelle qu’en matière URSSAF, un vice de procédure peut suffire à anéantir l’obligation de payer.
L’URSSAF n’est enfermée dans aucun délai légal pour adresser sa lettre d’observations après un contrôle. Mais cette liberté n’est pas absolue. Lorsque le temps écoulé, combiné à des circonstances exceptionnelles, prive concrètement le cotisant de ses droits de défense, la procédure peut être annulée. C’est ce qu’a jugé le Tribunal judiciaire de Marseille, le 10 mars 2026, en annulant une mise en demeure de 98 902 euros notifiée près de trois ans après un contrôle de chantier.
La lettre d'observations URSSAF doit permettre au cotisant de comprendre précisément comment le redressement a été calculé. Par arrêt du 3 mars 2026, la Cour d'appel de Riom a annulé un chef de redressement de 35.631 euros portant sur la réduction générale de cotisations, au motif que les tableaux joints ne permettaient pas d'identifier clairement la méthodologie retenue. Une décision importante : en matière de redressement URSSAF, un tableau chiffré sans explication suffisante du raisonnement ne satisfait pas à l'obligation de motivation prévue par l'article R.243-59 du Code de la sécurité sociale.
L’URSSAF ne peut pas conduire un contrôle comme elle l’entend. Lorsqu’un inspecteur réclame des pièces à un salarié qui n’a reçu aucune délégation pour répondre au contrôle, la procédure devient irrégulière. C’est ce que rappelle le tribunal judiciaire de Douai, qui a annulé un redressement de plus de 834 000 euros au motif que les demandes de l’URSSAF avaient été adressées au responsable comptable, et non au représentant légal de la société ou à un mandataire habilité. Une décision importante pour toutes les entreprises confrontées à un contrôle URSSAF, car elle confirme qu’un vice dans la conduite même du contrôle peut suffire à faire tomber l’ensemble du redressement.
Une personne aperçue derrière un bar, en train d’aider ponctuellement, n’est pas nécessairement une salariée dissimulée. Par un arrêt du 4 mars 2026, la cour d’appel de Rennes rappelle que l’URSSAF ne peut pas se contenter d’impressions, de ressentis ou d’hypothèses pour redresser un cotisant. En l’absence d’éléments concrets établissant un lien de subordination, une rémunération ou une contrepartie, le simple coup de main gracieux ne suffit pas à caractériser un travail dissimulé.
**Votre sous-traitant a travaillé au noir ? Cela ne suffit pas toujours à condamner le donneur d’ordre.** Dans un arrêt du 27 février 2026, la Cour d’appel d’Aix-en-Provence rappelle une règle décisive : l’URSSAF ne peut pas engager valablement la solidarité financière du donneur d’ordre sans démontrer, de manière précise, que l’opération de sous-traitance atteignait au moins **5 000 euros hors taxes par opération**. Des montants globaux annuels, calculés en TTC, sans détail des factures, de leurs dates ni de leur nombre, ne suffisent pas. Résultat : les mises en demeure sont rejetées, les annulations d’exonérations tombent, et l’URSSAF est condamnée à restituer les sommes perçues.
Une mise en demeure URSSAF n’est pas valable parce qu’elle a été envoyée. Elle n’est valable que si elle a été adressée au bon redevable. Lorsqu’une société dispose de plusieurs établissements, l’URSSAF ne peut pas notifier sa mise en demeure à n’importe quelle adresse par facilité de gestion. Si elle vise le mauvais établissement, l’acte peut être annulé, même sans preuve de préjudice. C’est un vice de procédure décisif, souvent négligé, mais redoutablement efficace en défense.
Un contrôle URSSAF peut basculer sur une simple irrégularité de procédure. Dans un arrêt du 15 janvier 2026, la cour d’appel de Bordeaux rappelle que les inspecteurs ne peuvent interroger que des personnes rémunérées par l’entreprise au moment du contrôle et dans les lieux de travail. L’audition d’un ancien salarié, a été réalisée dans un cabinet comptable et sans information de l’employeur.
L’URSSAF ne peut pas se contenter d’affirmer l’existence de salariés dissimulés pour justifier un redressement. Lorsqu’elle fonde sa procédure sur la requalification d’une relation en contrat de travail, encore faut-il que les personnes concernées soient appelées dans la cause. À défaut, le principe fondamental du contradictoire n’est pas respecté. Par un jugement du 19 février 2026, le Tribunal judiciaire de Marseille rappelle cette règle essentielle : faute d’avoir assigné les prétendus salariés, l’URSSAF PACA voit sa mise en demeure de 118 441 € purement et simplement annulée.