avocat URSSAF

Une mise en demeure URSSAF adressée au mauvais établissement est nulle.

Une mise en demeure URSSAF n’est pas valable parce qu’elle a été envoyée. Elle n’est valable que si elle a été adressée au bon redevable. Lorsqu’une société dispose de plusieurs établissements, l’URSSAF ne peut pas notifier sa mise en demeure à n’importe quelle adresse par facilité de gestion. Si elle vise le mauvais établissement, l’acte peut être annulé, même sans preuve de préjudice. C’est un vice de procédure décisif, souvent négligé, mais redoutablement efficace en défense.

2026-03-11T10:32:15+01:00Mots-clés : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , |

Plus d'1 million d'euros de redressement. L'URSSAF a fait parler un ancien salarié. Et l'employeur n'en avait pas été informé.

Un contrôle URSSAF peut basculer sur une simple irrégularité de procédure. Dans un arrêt du 15 janvier 2026, la cour d’appel de Bordeaux rappelle que les inspecteurs ne peuvent interroger que des personnes rémunérées par l’entreprise au moment du contrôle et dans les lieux de travail. L’audition d’un ancien salarié, a été réalisée dans un cabinet comptable et sans information de l’employeur.

L’URSSAF peut saisir votre compte bancaire. Encore faut-il qu’elle prouve qu’elle en a le droit.

L’URSSAF peut pratiquer une saisie sur un compte bancaire pour recouvrer des cotisations. Mais encore faut-il qu’elle dispose d’un **titre exécutoire valable** et qu’elle soit en mesure d’en **justifier la régularité devant le juge**. À défaut, la procédure de recouvrement peut être annulée et la **mainlevée de la saisie-attribution** ordonnée. Un jugement rendu le **24 février 2026 par le juge de l’exécution du tribunal judiciaire de Lyon** en donne une illustration particulièrement claire.

L’URSSAF réclame 118 441 € pour des salariés dissimulés. Mais elle ne les assigne pas. Le redressement tombe.

L’URSSAF ne peut pas se contenter d’affirmer l’existence de salariés dissimulés pour justifier un redressement. Lorsqu’elle fonde sa procédure sur la requalification d’une relation en contrat de travail, encore faut-il que les personnes concernées soient appelées dans la cause. À défaut, le principe fondamental du contradictoire n’est pas respecté. Par un jugement du 19 février 2026, le Tribunal judiciaire de Marseille rappelle cette règle essentielle : faute d’avoir assigné les prétendus salariés, l’URSSAF PACA voit sa mise en demeure de 118 441 € purement et simplement annulée.

Une saisie URSSAF peut être annulée. Quand la dette est prescrite.

Une saisie pratiquée par l’URSSAF n’est pas toujours définitive. Lorsque l’action en recouvrement est prescrite, la contrainte ne peut plus être exécutée et la mesure d’exécution forcée doit être annulée. Par un jugement du 23 février 2026, le juge de l’exécution du Tribunal judiciaire de Paris rappelle qu’une saisie-attribution fondée sur des contraintes prescrites ne peut être maintenue, faute d’acte interruptif valable de prescription.

AUTO-ENTREPRENEUR = TRAVAIL DISSIMULÉ ? Non. L’URSSAF doit prouver LA SUBORDINATION.

Un auto-entrepreneur qui travaille principalement pour une seule entreprise suffit-il à caractériser un travail dissimulé ? Non. Tant que l’URSSAF ne démontre pas l’existence d’un lien de subordination juridique permanente – pouvoir de donner des ordres, de contrôler et de sanctionner – la présomption de non-salariat demeure. La Cour d’appel de Poitiers le rappelle avec fermeté : sans preuve de subordination, le redressement tombe.

Après une mise en demeure, l’URSSAF a 3 ans et 1 mois pour agir. Passé ce délai, sa contrainte est nulle.

Une mise en demeure notifiée. Un délai d’un mois pour payer. Puis trois ans pour agir. Lorsque l’URSSAF dépasse ce délai, sa contrainte est nulle. La Cour d’appel de Toulouse le rappelle avec netteté.

L’URSSAF a appliqué un “taux moyen” pour calculer un redressement. 75 337,80 € remboursés à l’entreprise.

Un redressement URSSAF peut paraître techniquement fondé. Encore faut-il qu’il soit **correctement chiffré**. Dans un arrêt du 12 février 2026 (Cour d’appel de Toulouse, n° 24/02465), les juges ont rappelé une règle simple : lorsque la comptabilité permet un calcul au réel, l’URSSAF ne peut pas appliquer un “taux moyen”. Résultat : 75 337,80 € remboursés à l’entreprise.

Avant de payer une contrainte URSSAF, exigez la preuve. Une vraie.

Une contrainte URSSAF n’est pas une simple demande de paiement. C’est l’aboutissement d’une procédure strictement encadrée par le Code de la sécurité sociale. Avant de céder à la pression ou de négocier un échéancier, une question doit être posée : l’URSSAF peut-elle prouver qu’elle a respecté les étapes préalables, notamment l’envoi régulier des mises en demeure ? Car en matière de recouvrement social, l’absence de preuve peut suffire à faire tomber 35 547 €.

« REGULARISATION AN-1 / AN-2 » Cette mention peut faire annuler votre contrainte URSSAF.

Une simple ligne peut faire tomber toute une procédure. Dans un jugement du 5 février 2026, le Tribunal judiciaire de Beauvais annule deux contraintes URSSAF représentant plus de 15 000 euros. En cause : une motivation insuffisante, notamment une rubrique générique intitulée « REGULARISATION AN-1 / AN-2 », incapable de permettre au cotisant d’identifier la nature, la cause et l’étendue exacte de son obligation. En contentieux URSSAF, la validité formelle de l’acte précède toujours la discussion sur le montant.

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