L'URSSAF réclamait 1 392 €.
La contrainte visait une mise en demeure n° 0042736483 du 20 décembre 2023.
L'URSSAF a produit une mise en demeure n° 0042722858 du 22 novembre 2023.
La contrainte a été annulée.

Deux références. Deux dates.

Le a annulé la contrainte (6 mars 2026, 24/00829)

Ce n'est pas le fond qui a été examiné.

La procédure de recouvrement n'était pas régulière.

Cela a suffi.

La est obligatoirement précédée d'une mise en demeure.

Cette mise en demeure doit être précise et motivée.

Elle doit porter sur la même période, la même nature, le même montant que la contrainte qu'elle précède.

Articles L244-2 et R244-1 du code de la sécurité sociale.

En l'espèce, la contrainte du 29 avril 2024 visait les cotisations du mois de novembre 2023.

Elle référençait une mise en demeure du 20 décembre 2023.

L'URSSAF a produit une mise en demeure du 22 novembre 2023, relative aux cotisations d'octobre 2023.

Ni même référence. Ni même date. Ni même période.

L'URSSAF n'a pas non plus justifié de la notification de ce document à l'égard du cotisant.

Le Tribunal a annulé la contrainte.

Non parce que le cotisant ne devait rien.

Mais parce que l'organisme de recouvrement n'a pas été en mesure de produire la pièce qui fondait sa propre procédure.

Dans un dossier URSSAF, la chaîne documentaire se lit avant le fond.

La cohérence entre la mise en demeure et la contrainte — dates, numéros de référence, périodes, montants — doit être vérifiée en premier.

Un vice à ce stade ne demande pas de débat sur le fond.

Il suffit à lui seul.




Le texte

Suivant l'article L244-2 du code de la sécurité sociale, « Toute action ou poursuite effectuée en application de l'article précédent ou des articles L. 244-6 et L. 244-8-1 est obligatoirement précédée, si elle a lieu à la requête du ministère public, d'un avertissement par lettre recommandée de l'autorité compétente de l'Etat invitant l'employeur ou le travailleur indépendant à régulariser sa situation dans le mois. Si la poursuite n'a pas lieu à la requête du ministère public, ledit avertissement est remplacé par une mise en demeure adressée par lettre recommandée ou par tout moyen donnant date certaine à sa réception par l'employeur ou le travailleur indépendant.
Le contenu de l'avertissement ou de la mise en demeure mentionnés au premier alinéa doit être précis et motivé, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. »

Selon l'article R244-1 du code de la sécurité sociale dans sa version applicable au présent litige, « L'avertissement ou la mise en demeure précise la cause, la nature et le montant des sommes réclamées, les majorations et pénalités qui s'y appliquent ainsi que la période à laquelle elles se rapportent.
Lorsque la mise en demeure ou l'avertissement est établi en application des dispositions de l'article L. 243-7, le document mentionne au titre des différentes périodes annuelles contrôlées les montants notifiés par la lettre d'observations corrigés le cas échéant à la suite des échanges entre la personne contrôlée et l'agent chargé du contrôle. La référence et les dates de la lettre d'observations et le cas échéant du dernier courrier établi par l'agent en charge du contrôle lors des échanges mentionnés au III de l'article R. 243-59 figurent sur le document. Les montants indiqués tiennent compte des sommes déjà réglées par la personne contrôlée.
Lorsque l'employeur ou le travailleur indépendant qui fait l'objet de l'avertissement ou de la mise en demeure prévus à l'article L. 244-2 saisit la juridiction compétente dans les conditions prévues à l'article R. 155-4, la prescription des actions mentionnées aux articles L. 244-7 et L. 244-8-1 est interrompue et de nouveaux délais recommencent à courir à compter du jour où le jugement est devenu définitif. »

Il sera par ailleurs rappelé que les exigences de motivation de la contrainte sont identiques à celles de la mise en demeure, la contrainte devant permettre au cotisant d'avoir connaissance de la cause, de la nature et de l'étendue de ses obligations. La contrainte peut être motivée par référence à la mise en demeure.




La décision




Eric ROCHEBLAVE - Avocat Spécialiste en Droit du Travail et Droit de la Sécurité Sociale

 Eric ROCHEBLAVE
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Avocat Montpellier Eric ROCHEBLAVE

Avocat Spécialiste en Droit du Travail
et Droit de la Sécurité Sociale
Barreau de Montpellier
https://www.rocheblave.com/

Lauréat de l'Ordre des Avocats
du Barreau de Montpellier

Lauréat de la Faculté
de Droit de Montpellier

DESS Droit et Pratiques des Relations de Travail
DEA Droit Privé Fondamental
DU d'Études Judiciaires
DU de Sciences Criminelles
DU d'Informatique Juridique

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