6 514 € réclamés.
0 € obtenu.
L’URSSAF n’a pas su expliquer ses propres chiffres.
La mise en demeure mentionnait 6 514 €.
La contrainte portait sur 4 115 €.
Écart de 2 399 €. Sans explication.
La contrainte visait une mise en demeure du 26 octobre 2023.
La mise en demeure réelle était du 15 novembre 2023.
Mauvaise date. Mauvais montant.
L'URSSAF a maintenu ses demandes sans justifier les écarts.
Le tribunal Judiciaire de Montauban a tranché (12 mars 2026, n° RG 24/00106).
Le cotisant ne pouvait pas connaître la nature, la cause
et l'étendue de son obligation.
Contrainte annulée.
L'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale est précis :
la contrainte doit permettre d'identifier son origine.
Quand la référence est inexacte et les montants incohérents,
cette exigence n'est pas remplie.
Une contrainte URSSAF n'est pas un titre exécutoire automatique.
C'est une pièce procédurale.
Certaines tiennent. D'autres pas.
L'article L. 244-2 du CSS impose que la contrainte --- et la mise en demeure qui la précède --- permettent au cotisant de connaître la nature, la cause et l'étendue de son obligation.
Ici, l'accumulation a scellé l'issue : date erronée, montants incohérents, absence d'explication de l'URSSAF sur les écarts
Le texte
En application des articles L. 244-2 et R. 244-1 du code de la sécurité sociale, la mise en demeure qui constitue une invitation impérative adressée au débiteur d'avoir à régulariser sa situation dans le délai imparti, et la contrainte délivrée à la suite de cette mise en demeure demeurée sans effet doivent permettre à l'intéressé d'avoir connaissance de la nature, de la cause et de l'étendue de son obligation. A peine de nullité, la mise en demeure précise la cause, la nature et le montant des sommes réclamées, les majorations et pénalités qui s'y appliquent ainsi que la période à laquelle elles se rapportent. Il n'est pas nécessaire d'opérer une ventilation entre les différentes cotisations et contributions appelées au titre d'un même régime de contribution pour permettre au cotisant d'avoir connaissance de la cause, la nature et l'étendue de son obligation. Conformément aux dispositions de l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale, la contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. À peine de nullité, l'acte d'huissier ou la lettre recommandée mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. Il est de jurisprudence constante que si la contrainte doit permettre au cotisant de connaître la nature, la cause et l'étendue de son obligation, sa motivation sur ce point peut se faire par renvoi exprès à la mise en demeure qui lui a été adressée régulièrement (C.Cass., Civ.,2 ème 12 juillet 2018 pourvoi n° 17- 19. 796).
La décision
Eric ROCHEBLAVE - Avocat Spécialiste en Droit du Travail et Droit de la Sécurité Sociale
Eric ROCHEBLAVE
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et Droit de la Sécurité Sociale
Barreau de Montpellier
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Lauréat de l'Ordre des Avocats
du Barreau de Montpellier
Lauréat de la Faculté
de Droit de Montpellier
DESS Droit et Pratiques des Relations de Travail
DEA Droit Privé Fondamental
DU d'Études Judiciaires
DU de Sciences Criminelles
DU d'Informatique Juridique
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